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the harder the heart, (rell)
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Chair à Titans
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ICI DEPUIS : 03/07/2018

MessageSujet: the harder the heart, (rell) Dim 15 Juil - 11:37




The harder the heart,
the harder it breaks
L'astre mourant épouse la courbe terrestre, ultime fusion couronnant les dernières heures du jour — paré d'lueurs vives, rouge des dernières flammes qu'il consume, il strie l'horizon de nuances crépusculaires au rythme de son échappée furtive.

Échapée—
C'est d'cette envie qu'il brûle aussi, Ash : celle de l'imiter. De fuguer.
Il aspire à conquérir l'univers, ni plus ni moins ; en embrasser la moindre parcelle, la moindre étincelle — mais ses murs à lui sont encore plus étroits qu'ceux de la ville. Leur étau plus étriqué, plus vile.

Au nom des trois, Ashlan ! T'as fini un peu d'regarder le ciel ? Concentre-toi, son père rugit à ses côtés, impatienté, et il s'ébroue, Ash, chassant les limbes de ses rêveries pour céder tout entier à l'objet de son agonie ; réajuste les gants de cuir au creux desquels chauffent ses paumes depuis l'aube (ou du moins, quelques heures à peine qui s'accumulent comme une éternité), efface d'un avant-bras la sueur que l'effort lui dérobe, et pioche parmi les gouges de quoi débiter le métal. Effort à peine entamé que déjà abandonné : une silhouette s'découpe dans sa vision périphérique, capte en quelques mouvements sont attention éparpillée— elle est familière. Rell.
Ramon tourne le dos un instant et déjà, son fils en tire son parti. Se fond dans les ombres et détale, fuyant avec soulagement la fournaise qu'est la forge.

Hey ! Qu'est-ce qui t'amène ? Ses commissures zébrées d'un sourire tranchent avec l'air fermé dont Rell est affublé. Oh.
Il suppose que l'état de Jin au terme de son escapade avec Ashlan y est pour quelque chose ; devine l'esquisse du sujet qui fâche
s'en veut un peu, ou même beaucoup au fond, pour le défi lancé la veille sans songer un instant à la convalescence de son comparse et aux conséquences,
((mais Ash et Jin sont incassables, de toute façon—
immuables comme le roseau qui ploie sous les assauts mais jamais ne rompt,
non ?)).

La taloche qui l'cueille à l'arrière de la tête coupe court à l'échange à peine entamé.
Protestation des cervicales, volte-face abrupt — d'vant lui s'dresse la sature large et solide du père et maître-artisan dont l'regard sombre témoigne d'un mécontentement dont Ashlan est en pleine ligne de mire.
Où tu crois détaler comme ça ? son géniteur s'agace, le dévisage par-dessous ses sourcils broussailleux froncés d'insatisfaction. Si tu tiens tant à trainer dehors, charge-toi des livraisons. Un index s'enfonce dans son estomac en guise de mise en garde : Elles ont intérêt à être faites dans les temps. Et il s'offusque, Ash, s'rebiffe — J'suis toujours dans les temps !, qu'il assure, mais une double paire d'yeux le dévisagent l'air d'assurer que non : celle du vieux, et celle d'un Rell désabusé. Hommes de peu de foi, il s'défend, nez tourné vers le ciel et grandiloquent, drapé de sa fierté bafouée. Son père tourne le dos sur une dernière mise en garde, déjà soulé de lui ((son niveau de tolérance aux gamineries d'Ashlan est remarquablement bas)).

Je f'rais mieux de ne pas traîner, il grimace à l'intention de Rell ; ajoute, sarcastique : j'ai la sacro-sainte réputation des Brotz sur les épaules, on n'blague pas avec ça. Agacement d'une demi-seconde à peine avant que son sourire-signature ne reprenne ses droits. Tu m'passeras un savon à mon retour, deal ? Ou alors— si t'as quelques jours à perdre, tu peux toujours m'accompagner. Avec le tournoi en approche, les commandes qui s'amoncellent viennent des quatre coins du royaume ; habituellement, son père ne l'aurait pas envoyé avant le lendemain, mais les demandes sont pressantes, attendues dès le lever du jour. Il y en a pour deux ou trois lunes, retour inclus, et c'est tant mieux : il a toujours préféré entamer ce genre de parcours en soirée, Ashlan, préférant braver quelques heures les dangers que souffle la pénombre plutôt que le soleil de plomb, et jouir du brouhaha des tavernes une fois la nuit tombée.
Et pour une fois, il n'a pas la tête qu'aux décolletés des jolies serveuses— difficile de ne pas saisir cette occasion de s'retrouver seul à seul avec Rell et, peut-être de percer la carapace pour comprendre enfin ce qui lui pèse tant ces derniers temps.


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MessageSujet: Re: the harder the heart, (rell) Lun 16 Juil - 1:48




The harder the heart,
the harder it breaks
Il y a tellement de personne qui mériteraient de ses sourires. C’était son intime conviction; que parfois, au delà de sa fierté à préserver et son manque de spontanéité; parfois, il aurait dû réapprendre à étirer ses lèvres en un demi-cercle joyeux, rien que pour paraître un peu moins malheureux; et que les failles paraissent un peu moins creuses.

Le temps passe, et pourtant tout semble s’être arrêté. L’ennui continue sa valse avec le tracas, les inquiétudes qui flirtent avec les angoisses. Les paupières mi-closes, il serrait ses dents à s’en briser la mâchoire; la maison, aussitôt familière, elle se dressait soudainement imposante et étrangère dès lorsque Jin s’y introduisait; au moindre de ses pas qui résonnaient, le poids des regards s’y additionnaient, le silence et les milliers de regrets des discussions incessamment repoussées. Rapidement il s’en sentit ridiculement petit dans sa propre demeure, opprimé par sa propre culpabilité. D’un dernier coup de regard nerveux en direction de l’autre pièce occupée, Rell chercha un moyen de s’échapper; prétendant qu’il devait rejoindre Ashlan et peut-être l’aider.

Il s’avança à pas rapide en direction de la mine où devait se trouver le Brotz, il s’approche à pas rapide avant de soudainement ralentir en essayant d’imaginer une raison à sa présence et à sa bonne volonté de vouloir l’aider. Parce qu’après tout, les deux ne se sont jamais réellement bien accordés; bien plus ami par second degré, par l’affection qu’ils portaient à Jin, ils avaient toujours su aux cours des années à se supporter en dépit de leurs différences d’opinions et l’opposition dramatique de leurs émotions.

Et lorsqu’il l’aperçoit; c’est toujours dans ce rictus qui ne se définissait pas, entre la gratitude et le sermon; le confort et le malaise. Ses yeux basanés le fixent de haut en bas, mués de reproches quant à sa dernière escapade, cependant nuancés par un sentiment étranger qui s'apparentait à de l’embarras. A-Ah euh… j’ai- j’suis passé pas très loin d’ici. du coup je me suis dit que ça serait pas plus mal de voir comment ça se passait pour toi. Il agrémente sa réponse de quelques gestes anarchiques, sa main remonte jusqu'à frotter son nez alors qu’il jette des coups d’oeils aux alentours, se sentant rapidement pathétique à l’idée de fuir Jin au point de rejoindre son meilleur ennemi. c’était grave à ce point? — surement. probablement que les plaies étaient encore ouvertes et qu’aucune d’entre eux ne se risquait face à l’éventualité d’aggraver la situation. à défaut d’être suicidaire à l’égard de ton confrère, tu m’as l’air déterminé à prendre tes responsabilités en main. Il n'attend même pas sa réponse qu’il se charge déjà de charger la livraison de la forge sur l’une des carrioles que le patriarche avait pointé du doigt. alors si tu as la sacro-sainte réputation sur les épaules je ne me vois pas de raison de refuser. Sarcasme qu’il mime à défaut de savoir l’improviser, il accepte, étrangement docile; réalisant que c’était peut-être pour le mieux de disparaître du refuge ne serait-ce qu’une poignée de journées, dans l’espoir qu’à son retour, que peut-être tout sera oublié.



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MessageSujet: Re: the harder the heart, (rell) Mar 17 Juil - 2:27




The harder the heart,
the harder it breaks
Spontanéité étiolée ;
se profile entre eux un malaise qu'avaient presque achevé de dissiper les mois, années à se côtoyer avec une froide appréhension d'abord, un naturel plus assumé ensuite. Un pas en avant, cinq dans la direction inverse, et voilà que Rell cherche ses marques comme s'il ne connaissait lui-même la raison de sa présence à la forge — ou doutait de sa légitimité.

Il penche la tête de côté, Ashlan, intrigué par les non-dits qui s'accumulent, nullement éclairé par ce semblant de préambule. Son rire s'égraine en pluie de cristaux doux-amers lorsque Rell évoque sa volonté de prendre à coeur ses responsabilités ; ironique au possible. Disons qu'entre crever de chaud dans cette fournaise ou voir du paysage, le choix est vite fait. C'est la satisfaction qu'offre la corvée de livraison : une escapade prolongée en toute impunité. Mais l'inquiétude ranimée affadit la perspective, la ternit. Comment va Jin ? La journée a été longue, mais j'espérais passer au refuge ce soir. Ou au moins demain. Froncement de sourcils tracassé, projet gommé d'un revers par l'imparable volonté de son père. Tant pis, ça devra attendre mon retour. Et si le trajet perdait de son attrait à l'idée de laisser derrière l'ami d'enfance abîmé par leurs frasques communes, la perspective de l'effectuer accompagné a le mérite d'en rehausser les dorures. Oh ! Vrai ? J'aurais cru que tu choisirais de rester t'assurer en personne de la rémission de Jin, il avoue sur une note joueuse, prétend oublier combien la complicité des deux militaires semble s'être étiolée récemment. Mais je ne me plaindrai certainement pas, le trajet ne sera que plus intéressant à deux. Il l'incite à entrer, ponctue son approche d'un coup d'épaule amical avant d'indiquer les pièces à charger. C'est vite fait, à deux, et son père s'assure que rien n'ait été oublié ou maladroitement conditionné, aussi pétri de manque de confiance qu'à son habitude, avant de leur tendre deux outres pour le trajet, claquant d'une main la monture pour mettre la carriole en branle. T'as l'air de porter le poids du monde sur les épaules, Ash constate tandis qu'ils s'éloignent ; offre en haussant les sourcils, suggestif : Y'a un remède à ça. Taverne, alcool qui coule à flots, jolies serveuses — de quoi te remettre d'aplomb en un rien de temps. C'est ce qu'il a de merveilleux, Ashlan : cette manie de tirer encore et encore sur la corde, jusqu'à dérober un bras plutôt que la main offerte ; de faire signer pour un rien et d'ajouter des closes aux contrats par à-coup. Mais à ses yeux, une occasion d'allier bonne cause et plaisirs ne se refuse pas, et il ne se doute pas qu'à ce niveau, Rell ne joue pas sur le même tableau.


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MessageSujet: Re: the harder the heart, (rell) Jeu 19 Juil - 22:23




The harder the heart,
the harder it breaks
jin, jin et encore lui dont on lui rappelait l’existence primordiale aux cotés de la sienne; n’y avait-il dans l’ordre des choses qu’un jin destiné à un rell, et un rell accolé à un Jin? jin, rell; rell, jin, peut-être que ça sonnait trop juste pour lui pour être perçu comme une possibilité; trop vu et revu pour le considérer comme une simple éventualité. eux qui sonnaient comme une destinée déja toute tracée, ou comme une vile fatalité qu’ils n’avaient en aucun cas choisi. Peut-être qu’ils s’aimaient, tout les deux, pour de vrai. Peut-être simplement que Rell l’ignorait ou n’en connaissait la forme et la manifestation exacte de cette maladie. d’aimer d’aimer pour de vrai.

probablement en train de se tordre de douleur à cause de vos idioties — mais il ne va pas pleurer pour si peu. C’est un grand garçon qui peut se débrouiller tout seul. phénomène étrange lorsqu’il réalisait qu’il doutait. qu’il aurait peut-être souhaité à nouveau sa compagnie et la chaleur de ses baisers. mais qui sait. maintenant qu’ils étaient réduit à des bouts de mystères et des fragments d’amitiés étiolées, peut-être qu’il ne vallait mieux pas le retrouver. Enfin, je l’espère, qu’il ira bien. il articule ses mots d’un regard penché sur le côté, de quelques regrets déposés le long de la beauté du paysage de la forge qui se floutait. profite-en; ce n’est pas tout les jours qu’on profite de ma bonté et de ma présence en toute et bonne volonté. Rell, il avait la mauvaise foi conjuguée à ses propos, l’incapacité à avouer ses tourments ou révéler ses démons; bâti et protégé dans une carapace de cynisme et d’indifférence. je dirai qu’il est plus lourd que d’habitude. juste un peu plus. et il le suit silencieusement tandis qu’il hausse les épaules pour le suivre sans même chercher à lutter contre sa bonne humeur et sa positivité. (tellement heureux, qu’il n’osait même pas lui suggérer l’idée qu’il n’était peut être pas du tout intéressé).

Et alors qu’ils entrent dans le palais de leurs démons; dans l’antre de leurs futures déraisons, y a un brin de curiosité qui capture l’officier alors qu’il observait le plus jeune; des milliers de questions et d’étranges intérêts qu’ils n’aurait jamais auparavant songés. des pourquoi, comment, questionnement, des curiosités sur ses passions, des peut-être sur ses occupations; comment toi, aurais-tu géré cette situation? t’en a déja fait pleurer beaucoup toi? comment avais-tu fait Ash, lorsqu’elles avaient pleuré à genoux devant tes pieds? avais-tu regretté? les avais-tu aujourd’hui oubliées? Il hoche la tête en direction d’une serveuse un peu trop souriante qui les observait depuis leur arrivée, le regard un peu trop insistant, la posture un peu trop suggestive mais qui, (surtout de son point de vue) l'écoeurait; pourquoi fallait-il être si évident dans ses désirs et ses volontés? pourquoi pouvaient-ils être si évidents quand lui était incapable de comprendre le commencement de ses propres sentiments?  


Et après quelques verres, peut-être qu’enfin il se sentait libéré de ses obligations de rester muet sur ses maux et leurs péchés. s’fait quoi d’aimer?

(( était-ce l’envie de se reposer dans ses bras même dans la chaleur d’un soir d’été? Le sentiment de plénitude dans le vide; de solitude dans la foule lorsqu’il n’était pas à ses cotés? Cette sensation frivole de gel et de brûlé lorsqu’il le touchait? Etait-ce l’envie de devenir l’ombrelle de ses tourments, l’armure de ses dérélictions? Est-ce qu’une maladresse, un incident, une fusion; c’était plus que ça après tout? ))

Et dans le vacarme, la vague de ses peines avait été à peine murmuré, à peine audible dans la cacophonie des paroles qui s'échangeaient, à peine compréhensible alors que dans son coeur, la tempête l’avait hurlé.



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MessageSujet: Re: the harder the heart, (rell) Ven 20 Juil - 12:02




The harder the heart,
the harder it breaks
Le trajet se tisse de silence entrecoupé des bribes de monologue que distille ça et là un Ashlan armé de désinvolture feinte. Parce que creuser si tôt serait manquer d'égard — Rell n'a pas l'air d'humeur à parler, que ce mutisme soit dans sa nature ou inspiré par un manque de confiance. Énigme indéchiffrable ; mais peut-être pas indéridable. Il suppose, Ashlan, se prend à espérer que la distance improvisée ait au moins le mérite d'éloigner le militaire de ce qui semble tant lui peser.

La carriole mise à l'abris de potentielles convoitises, la monture brossée et laissée à l'étable entourée d'eau propre et de foin dont se restaurer et où dormir, ils contournent la bâtisse pour se glisser à l'intérieur, emportant avec eux le précieux chargement du père Brotz. Une cloche tinte au sommet de la porte lorsqu'ils en franchissent le cadre, et le brouhaha qui règne à l'intérieur les engloutit tout entiers — les baigne dans une chaleur moite tantôt parée d'éclats de rire nullement contenus, tantôt vibrant de la susceptibilité revancharde d'un quelconque soulard. Ils s'attardent après de la tavernière, le temps de réserver pour la nuit et de monter les commandes à l'abris des regards indiscrets, avant de prendre place à l'une des tables.
Le bois est collant de l'alcool qu'il a vu couler, mais les choppes rapidement posées devant eux et les courbes généreuses de la serveuse mettent Ashlan d'humeur à pardonner. La question de Rell l'arrache à sa contemplation brodée d'échanges de regards et de sourires équivoques ; le ramène à l'instant présent et ses préoccupations.

Serait-ce une histoire de femme ? C'est—
inattendu.
Rell lui semble dans une autre dimension, plus dévoué à son devoir qu'au péché de chair, et si les rumeurs le concernant évoquent bel et bien des conquêtes, Ash ne l'aurait pas pour autant imaginé se laisser décontenancer par elles. Si oui, j'ai oublié, il creuse ses souvenirs, sourcils froncés ; se fend d'un sourire séducteur. J'suis plutôt le gentil de l'histoire, celui qui console avec altruisme les femmes auxquelles mon frère brise le cœur. (et derrière le rictus qui la farde et la masque, l'amertume ; balayée d'un haussement d'épaules). Mais je n'approche surtout que les femmes les plus joueuses, celles dont l'regard pétille de l'envie de se divertir en transgressant les interdits. C'est plus facile ainsi : sans risque d'attache ou de quiproquo. Non ? Instants volés à l'abris des regards, des « on-dit », des jugements. Dès lors que les deux partis savent ce qu'ils veulent, rien n'est à craindre — il suppose. Parenthèse éphémère : Ash, qui ne parle jamais d'un lendemain. Et s'il se perd entre les bras d'une jeune femme qui lui semble bien trop sensible pour n'en sortir blessée, Ashlan s'en tient à quelques baisers volés. Parce que les cœurs brisés sont un fardeau trop lourd à porter, pour qui est enclin à la culpabilité. Une gorgée, et voilà qu'une nouvelle interrogation le prend de court, question piège.

Ça fait quoi d'aimer ?

Du bout du doigt, il redessine la courbe de sa lippe, iris contemplant pensivement le plafond. N'est-ce pas différent pour chacun ? Il ânonne plus pour lui-même que pour Rell, étouffe un rire : Attends un peu, j'ai pas encore assez bu pour ça ! Et il lève sa choppe quémandant d'être resservi. L'alcool vacille contre les rebords, menaçant de déborder, et il en discipline les flots en s'empressant d'avaler le surplus. Claque bruyamment le fond du récipient contre la table, et érige un doigt après l'autre pour énumérer ce qui lui semble être une évidence : Grisant… et effrayant. Son regard pétille d'un amusement
mesuré alors qu'il s'applique à jouer le jeu ; parce que Rell lâche si rarement prise au point d'évoquer ses tracas, plus encore ses sentiments, qu'Ash ne saurait se permettre de tenter d'y échapper. Je dirais que moi— tout m'y ramène. Un éclat qui fait échos à l'intensité de son regard, la senteur des bougies parfumées, la course des flots insaisissables dans le lit d'une rivière. Consciemment ou non, je cherche partout quelque chose d'elle, quitte à troquer quelques parcelles de réalité contre l'illusion de l'avoir à mes côtés. Il se tape la tempe du bout du doigt, ajoute : Elle est gravée là et rien n'l'en déloge, ni temps, ni distance, ni aucune autre. Et j'suppose— menton appuyé contre sa paume, il songe à la première question soulevée par Rell, pèse l'affirmation qui naît à l'orée de ses lèvres avant de la formuler, que je pourrais tout donner pour ne jamais être la cause de ses larmes. Une rasade d'alcool baigne la déclaration et lorsqu'il abaisse le verre, la sincérité est striée d'autodérision. Mais le plus hilarant, c'est que tout ça— j'saurais jamais le lui dire. Ce serait comme… (il plisse le nez, en quête des bons mots) livrer mon âme à d'autres mains que les miennes. C'est terrifiant, je trouve, le pouvoir que d'autres peuvent avoir sur soi. Et là est toute sa contradiction : Ashlan qui s'assume si ouvert, cœur sur la main, offert ; mais qui clôt ladite paume à quiconque s'avère apte à le dérober, phalanges contractées en barreaux d'une cage quasi hermétique. Bien au chaud dans sa zone de confort.

Il parle et parle sans cesser de resservir Rell, l'encourageant à noyer les inhibitions si s'en délester peut le décharger. Elle a des reflets d'or, la boisson, et son appel est celui des sirènes : chant traître, prometteur de bien-être immédiat, instigateur d'oubli, et synonyme de regrets au réveil. Quoique, est-ce vraiment ce qu'on qualifie d'amour ? Qui sait, pt'être qu'il me suffirait de tirer mon coup pour me défaire de cette obsession. Et d'un immense sourire il bazarde toute la sincérité de son aveu. Mais toi, dis-moi, en as-tu déjà fait pleurer ?


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MessageSujet: Re: the harder the heart, (rell) Jeu 2 Aoû - 0:24




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tu dois avoir raison Ashlan. C’était risible de constater à quel point l’esprit humain et à la fois si bien construit et si parfaitement détraqué. Dans les certitudes les plus claires comme dans les doutes les plus pervers; dans les évidences que l’on souhaite ignorer et qui pourtant reviennent sans cesse nous hanter. Dans ces oublis qui se désintégraient à peine étaient-ils prononcés. Dans ces je t’aime, et je ne le regretterai jamais, dans ce coeur, battant au point d’en exploser. Dans cette sensation d’être tellement en vie et d'en brûler à vif, dans cette chaleur qui irradie ses désirs et ses phobies. et si s’attacher c’était effrayant et destiné à être regretté? C’est ce qu’il avait juré : promis juré pour ne plus jamais devoir s’inquiéter. S’attacher sans jamais quitter l’horizon, se noyer sans jamais réellement s’étouffer. Rell il avait toujours su contrôler ses liens dans sa vie si bien ordonnée, ses frères, son sang, ses reflets; ils étaient important pour lui, mais sans jamais l'intoxiquer, sans jamais être en mesure de lui rappeller les dangers de son esprit trop préoccupé à songer, craindre et imaginer.

“c’est effrayant”

peut-être qu’il avait visé trop juste, trop parfaitement Ashlan. Celui qu’il aurait juré maladroit et peu sincère, joueur et éphémère; peut-être qu’il avait un peu trop bien tiré. à toucher le coeur du problème et de ses inquiétudes, à éveiller les émotions qu’il cherchait toujours à enterrer pour n’en tirer qu’un rictus satisfait. Les larmes et les angoisses, les démons et leurs exorcistes; il s’était juré de les enfermer dans la prison de son esprit, à l’ombre de la réalité et de son tempérament parfaitement stabilisé.

Mais Jin, il avait brûlé là où personne d’autre ne l’avait fait. à jurer qu’il pouvait y avoir encore de la valeur dans ce maudit coffre rouillé; de la beauté et des choses à aimer dans la maudite carcasse de son âme esseulée. j’ai quelqu’un... l’officier fixait alors le contenu du verre avec une certaine concentration (peut-être à imaginer s’il était déja pompette ou non vu l’humeur bavarde dont il faisait étonnamment preuve — oui plus de dix mots à la minutes était considéré comme du bavardage pour Rell) que j’ai fait pleurer. les doigts qui se resserrent contre le verre avant de l’engloutir d’une traite, il ajoute alors rapidement pour éviter le moindre questionnement futile et probablement gênant : mais j’suis pas sûr que ça soit comme toi. sa main se baladant à travers ses mèches, il les balaient en arrière avant de balancer sa tête en arrière, faussement pensif, excessivement sérieux. que ça soit ce genre de choses-là. — tu vois? parce que, qu’est ce qui vaut la peine d’être aimé et admiré? désiré encore plus que la chair et sa chaleur? parce que… entre nous, il n’y a jamais eu de genre d'ambiguïté. enfin. — on était proche. passé presque douloureux autrefois à imaginer; encore plus douloureux à prononcer désormais qu’il était vrai. mais c’est peut-être ma faute. peut-être que c’était le plus facile à assumer. parce que Rell ça avait toujours été sa faute. C’était comme ça qu’il fonctionnait; que la fatalité trouvait toujours son chemin sur la syllabe de son prénom, sur la tragédie de la mélodie de son nom — Ah, Edahn. de ne pas avoir été clair. de ne pas lui avoir dit que je ne pourrai jamais l’aimer…




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